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Avis de renouvellement de bail posé sur une table entre deux chaises face à face

OBNL · 6 min

Hausse de loyer au Québec en 2026 : les taux du TAL et vos repères

Par Jeremy Soares · 3 septembre 2026

En bref — Le Tribunal administratif du logement a publié le 19 janvier 2026 ses pourcentages pour l'ajustement des loyers — avec une nouveauté : la méthode de calcul a été révisée pour les avis donnés depuis le 1er janvier 2026. Le taux de base s'établit à 3,1 % pour un bail débutant entre le 2 avril 2026 et le 1er avril 2027, mais ce chiffre n'est ni un plafond ni un automatisme : il ne s'applique que si le Tribunal fixe le loyer. Voici les repères — taux, méthode, délais et droits de chacun — avec les sources officielles pour vérifier chaque cas.

Chaque hiver, la même séquence : le TAL publie ses pourcentages, les manchettes titrent sur « la hausse permise », et locataires comme propriétaires en tirent des conclusions que les règles ne disent pas tout à fait. En 2026, la séquence mérite doublement l'attention, parce que la méthode de calcul elle-même a changé.

Ce qui change en 2026 : une nouvelle méthode

La révision est entrée en vigueur avec l'année : pour toute demande dont l'avis de modification de bail a été donné à compter du 1er janvier 2026, c'est la nouvelle méthode de calcul qui s'applique. Les avis donnés avant cette date restent sous l'ancienne méthode. Deux régimes cohabitent donc pendant la transition — d'où l'importance de dater précisément l'avis reçu ou envoyé.

Dans la nouvelle méthode, l'essentiel du loyer est indexé selon l'indice des prix à la consommation, à 3,1 %, tandis que la part du loyer liée aux services à la personne — pertinente surtout dans les résidences avec services — est indexée à 6,7 %, selon un indicateur du coût des services de soins. Pour un bail débutant entre le 2 avril 2026 et le 1er avril 2027, le taux de base retenu par le Tribunal est de 3,1 %.

Ce que ces taux sont — et ne sont pas

Le point le plus mal compris chaque année : ces pourcentages ne s'appliquent que lorsque le Tribunal fixe le loyer, c'est-à-dire quand propriétaire et locataire ne s'entendent pas et que le dossier se rend devant le TAL. En dehors de ce scénario :

  • il n'existe pas de plafond automatique : un propriétaire peut proposer la hausse qu'il souhaite ;
  • le locataire peut accepter, négocier ou refuser la hausse proposée ;
  • les taux publiés servent de repère de négociation — c'est à cela que le Tribunal arriverait vraisemblablement, ajustements propres à l'immeuble en sus (taxes, assurances, travaux majeurs).

Les délais qui comptent

La mécanique de la reconduction tient en trois temps :

  1. L'avis du propriétaire. La hausse proposée arrive par avis écrit, dans les délais prévus selon la durée du bail.
  2. La réponse du locataire. Le locataire dispose d'un mois suivant la réception de l'avis pour répondre — accepter, refuser la modification tout en restant, ou quitter. Sans réponse, la modification est réputée acceptée.
  3. Le recours du propriétaire. Si le locataire refuse, le propriétaire a un mois à compter de la réponse pour s'adresser au Tribunal et faire fixer le loyer. S'il ne le fait pas, le bail est reconduit aux mêmes conditions — sans la hausse.

Refuser une hausse n'est donc pas refuser de rester : c'est renvoyer la question au Tribunal, qui tranchera selon sa méthode et les dépenses réelles de l'immeuble. Le TAL met d'ailleurs un outil de calcul à la disposition des deux parties pour chiffrer un ajustement avant tout recours.

Pourquoi ces taux ne règlent pas l'abordabilité

Les pourcentages du TAL encadrent la variation des loyers en place ; ils ne disent rien du niveau des loyers, qui se joue à la relocation et dans le neuf. C'est ce que montre notre état des lieux des loyers québécois en 2026 : même avec des hausses encadrées ou ralenties, le loyer moyen continue de grimper, tiré par les logements qui changent de locataire et par les livraisons neuves aux prix d'aujourd'hui. La mécanique complète est racontée dans notre explication simple de la crise du logement.

La détente durable passe par le coût de production du logement lui-même — le terrain sur lequel travaillent le financement du logement abordable modulaire et, plus largement, la construction modulaire face à la crise. Un organisme, une municipalité ou un propriétaire qui veut chiffrer un projet construit à coût maîtrisé peut préparer une soumission avec nous.

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Questions frequentes

Quel est le taux d'augmentation de loyer permis au Québec en 2026 ?
Il n'existe pas de taux « permis » universel : les pourcentages publiés par le TAL le 19 janvier 2026 — dont un taux de base de 3,1 % pour un bail débutant entre le 2 avril 2026 et le 1er avril 2027 — ne s'appliquent que lorsque le Tribunal fixe lui-même le loyer, après désaccord. En négociation de gré à gré, aucune limite automatique ne s'impose, mais ces taux servent de repère.
Qu'est-ce qui change dans le calcul de la hausse de loyer en 2026 ?
La méthode de calcul a été révisée : elle s'applique aux demandes dont l'avis de modification de bail a été donné à compter du 1er janvier 2026. L'essentiel du loyer est désormais indexé sur l'IPC (3,1 % cette année) et la part liée aux services à la personne sur un indicateur du coût des soins (6,7 %). Les avis antérieurs au 1er janvier restent sous l'ancienne méthode.
Puis-je refuser une hausse de loyer et rester dans mon logement ?
Oui. Le locataire peut refuser la modification proposée dans le mois suivant la réception de l'avis tout en restant dans le logement. C'est alors au propriétaire d'agir : il a un mois à compter de la réponse pour demander au TAL de fixer le loyer, faute de quoi le bail est reconduit aux mêmes conditions.
Le propriétaire peut-il demander plus que le taux du TAL ?
Oui, en proposition : aucune règle ne plafonne l'avis de hausse. Mais si le locataire refuse et que le dossier se rend au Tribunal, celui-ci applique sa méthode et ses pourcentages, en tenant compte des dépenses réelles de l'immeuble — taxes, assurances, travaux. Le taux publié est donc le point d'ancrage réaliste d'une négociation.
Où vérifier les chiffres officiels de 2026 ?
Directement au Tribunal administratif du logement (tal.gouv.qc.ca), qui publie les pourcentages applicables, l'outil de calcul et les règles de reconduction du bail. En cas de doute sur une situation précise, c'est la seule référence qui fait foi.

Sources

  1. Le calcul de l'ajustement des loyers en 2026 Tribunal administratif du logement
  2. Pourcentages applicables 2026 : quelques précisions importantes Gouvernement du Québec
  3. Pourcentages applicables aux critères de fixation de loyer Tribunal administratif du logement
JS
Jeremy Soares
Courtier immobilier

Courtier immobilier au Québec et passionné de construction modulaire. jeremysoares.com

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