
OBNL · 6 min
1650 logements abordables annoncés à Montréal : huit chantiers suspendus au feu vert fédéral
En bref — Québec et la Ville de Montréal ont retenu huit chantiers totalisant 1650 logements abordables, du site Namur-Hippodrome à l'ancienne usine Molson. Un seul morceau manque au montage, et c'est le plus important : le feu vert financier de Maisons Canada, la nouvelle agence fédérale, sans lequel aucune date de mise en chantier n'existe. Voici ce qui a été annoncé, ce qui bloque, et pourquoi la suite intéresse directement le monde du préfabriqué.
Montréal n'avait pas vu une annonce d'habitation de cette ampleur depuis longtemps : huit projets sélectionnés dans le cadre du Programme d'habitation abordable Québec (PHAQ), 1650 logements au total, répartis aux quatre coins de la ville, rapportait La Presse à la mi-juillet. Le plus gros morceau : 477 logements sur le site Namur-Hippodrome, l'ancien hippodrome de Montréal, dont la gestion ira à la Société Patrimoine Angus résidentiel.
Suivent l'ancienne usine Molson (374 logements), la rue Young (423), la Coulée Grou (220), puis des projets sur les rues Connaught, Sicard, Papineau et de Gaspé. Des adresses qui racontent quelque chose : d'anciens sites industriels et des terrains urbains attendus depuis des années, remis en circulation pour du logement hors marché.
Le goulot : une signature fédérale
La nuance qui change tout tient en une phrase : la construction « pourrait débuter dans la prochaine année » — au conditionnel. Les huit chantiers doivent encore obtenir le financement de Maisons Canada, la nouvelle agence fédérale de l'habitation, et tant que cette approbation n'est pas signée, personne ne connaît les dates de mise en chantier.
C'est le nouveau visage du financement du logement abordable au pays : Québec sélectionne via le PHAQ, les villes fournissent terrains et leviers, et Ottawa — désormais à travers son agence — tient le dernier crayon. La secrétaire parlementaire du ministre fédéral du Logement, Caroline Desrochers, s'est montrée rassurante sur les délais lors de l'annonce, et la ministre québécoise de l'Habitation, Karine Boivin Roy, y a vu la preuve que les leviers financiers du gouvernement livrent des résultats. Reste que l'empilement des approbations est précisément ce qui étire les calendriers, comme on le documentait dans notre analyse sur où vont les milliards du logement.
Trois autres projets montréalais, plus petits mais plus avancés, montrent ce à quoi ressemble l'étape suivante : grâce à une entente entre la Société d'habitation du Québec et Maisons Canada, 109 unités passent à un nouveau stade. Le projet Éthel du Réseau habitation femmes Montréal, à Verdun — 20 logements pour des personnes en situation d'itinérance ou à risque de l'être — et les 18 logements de la Société John Howard du Québec, rue Notre-Dame Est, entrent en phase de construction ; le projet Ricochet, de l'hébergement d'urgence à Pierrefonds, doit encore franchir quelques étapes. Au total, cinq des onze projets évoqués comportent un volet pour les personnes en situation d'itinérance.
Pourquoi le préfabriqué devrait suivre ce dossier de près
Précision honnête : rien dans l'annonce ne dit que ces chantiers seront modulaires. Mais deux raisons font de ce dossier un test pour la préfabrication — et c'est notre lecture, pas celle de La Presse.
D'abord, l'échéancier. Quand le financement arrive enfin après des mois d'attente, chaque semaine de chantier économisée compte double. Montréal a déjà vu ce que la formule peut donner : le projet L'Acadie, livré en 12 mois, reste la démonstration locale qu'un immeuble hors marché peut sortir de terre en un an quand l'essentiel se fabrique en usine. Sur 1650 logements répartis en huit chantiers, le gain potentiel se compte en années-personnes de loyers.
Ensuite, le signal fédéral. Maisons Canada affiche une préférence déclarée pour les méthodes modernes de construction — préfabriqué en tête — dans ses propres projets. Un promoteur ou un OBNL qui arrive devant l'agence avec un montage préfabriqué chiffré parle donc la langue du bailleur de fonds. Notre guide du financement du logement abordable modulaire détaille comment structurer ce genre de dossier, et notre état des lieux montréalais situe ce que la métropole a déjà en marche.
Votre organisme prépare un projet et veut chiffrer l'option préfabriquée avant de déposer ? On peut préparer une soumission ensemble.

8Module
Immeubles multirésidentiels modulaires (6 à 24+ logements) fabriqués en usine au Québec.
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