
OBNL · 7 min
Loyers au Québec en 2026 : les hausses ralentissent, l'abordabilité ne revient pas
En bref — Le loyer moyen au Québec atteint 1232 $ par mois, en hausse de 10,1 % en un an et de 62 % depuis octobre 2018, selon les données de la SCHL relayées par le FRAPRU. Pour 2026, la SCHL prévoit des hausses plus modérées et une inoccupation entre 2,5 et 4,5 % dans les grands centres. Mais un ralentissement n'est pas une baisse, et encore moins un retour à l'abordable : il faudrait 49 240 $ de revenu annuel pour payer le loyer moyen sans y consacrer plus de 30 % de son revenu. Voici où en sont vraiment les loyers québécois, chiffres en main.
Pendant des années, la question était « de combien les loyers vont-ils encore monter ? ». En 2026, elle devient plus subtile : les hausses ralentissent, l'inoccupation remonte, et pourtant personne ne trouve que se loger coûte moins cher. Les deux constats sont vrais en même temps — et comprendre pourquoi est la meilleure façon de ne pas se faire raconter d'histoires, dans un sens comme dans l'autre.
Les chiffres de départ : 1232 $, +10,1 %, +62 %
Le portrait le plus récent du marché locatif québécois vient du Rapport sur le marché locatif de la SCHL, dont le FRAPRU a fait la lecture en décembre 2025. Trois chiffres y résument la situation :
- 1232 $ : le loyer moyen au Québec ;
- +10,1 % : la hausse entre 2024 et 2025 ;
- +62,1 % : la hausse cumulée depuis octobre 2018.
Autrement dit, le loyer moyen a gagné plus de 60 % en sept ans — une trajectoire dont on détaillait les mécanismes dans notre état de la crise du logement en 2026 et nos 5 chiffres pour comprendre la crise.
Le FRAPRU traduit ce loyer moyen en revenu nécessaire : pour consacrer au plus 30 % de son revenu brut au logement — la norme d'effort généralement admise — il faut gagner 49 240 $ par année. C'est là que l'écart se creuse : une part importante des ménages locataires gagne moins.
Région par région : des écarts qui surprennent
Les moyennes provinciales cachent des situations très différentes, toujours selon les mêmes données :
| Marché | Loyer moyen | Hausse annuelle | Inoccupation (2025) |
|---|---|---|---|
| Île de Montréal | 1283 $ | +11,9 % | 3,1 % |
| Laval | 1347 $ | +8,3 % | 3,4 % |
| Québec | 1227 $ | +9,7 % | 2,4 % |
| Gatineau | 1420 $ | +6,8 % | 3,8 % |
| Sherbrooke | — | +9,3 % | 2,7 % |
Gatineau, et non Montréal, affiche le loyer moyen le plus élevé du tableau. Et hors des grands centres, la situation peut être plus tendue encore : on a documenté des hausses d'environ 55 % à Val-d'Or depuis 2018 dans notre analyse sur l'explosion des loyers en région.
2026 : le ralentissement annoncé
Pour l'année en cours, les Perspectives du marché de l'habitation de la SCHL annoncent un changement de rythme : des hausses plus modérées qu'en 2025, et des taux d'inoccupation prévus entre 2,5 et 4,5 % dans les grands centres — 3,8 % à Montréal, 3,3 % à Québec, 4,3 % à Gatineau. Deux moteurs expliquent la détente : l'offre locative issue du boom de construction des dernières années arrive sur le marché, et la croissance démographique ralentit.
C'est une vraie amélioration pour qui cherche un logement : plus de choix, moins de files d'attente aux visites. Mais il faut lire la petite ligne : la SCHL prévoit toujours des loyers moyens en hausse — autour de 1405 $ pour un deux chambres à Montréal et 1400 $ à Québec.
Pourquoi un ralentissement n'est pas l'abordabilité
Le paradoxe s'explique par la composition du parc. Les logements qui se libèrent ou qui sortent de terre s'affichent aux prix du marché d'aujourd'hui, bien au-dessus des loyers des baux en place de longue date. Chaque déménagement, chaque nouvelle tour livrée tire donc la moyenne vers le haut, même quand le rythme général des hausses se calme. Une inoccupation qui remonte redonne du pouvoir de négociation aux locataires — elle ne ramène pas les prix de 2018.
La conclusion du FRAPRU est sans détour : la pénurie se résorbe, mais la crise d'abordabilité, elle, s'aggrave. Le problème n'est plus seulement de trouver un logement ; c'est d'en trouver un au prix que les revenus réels peuvent porter.
La seule sortie durable : construire moins cher
Si les logements neufs arrivent sur le marché à des loyers hors de portée, c'est en bonne partie parce qu'ils coûtent cher à produire. C'est ici que la question rejoint notre terrain : la construction modulaire face à la crise du logement s'attaque précisément au coût de production — fabrication en usine, délais comprimés, volume.
Le contrat de 478 logements préfabriqués de la Société de développement de l'Est en donne la démonstration la plus concrète à ce jour : environ 313 000 $ la porte selon l'organisme, et des loyers visés de 700 $ à 1100 $ par mois — très loin des moyennes du tableau ci-dessus. Ce ne sont pas les hausses qui ralentissent qui produiront ces loyers-là ; c'est du logement construit autrement, à coût maîtrisé.
Votre organisme, votre municipalité ou votre projet locatif cherche à chiffrer cette avenue ? On peut préparer une soumission ensemble. Et pour les locataires et propriétaires qui naviguent la reconduction de leur bail, nos repères sur la hausse de loyer 2026 rassemblent les règles et les taux officiels.

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Questions frequentes
Quel est le loyer moyen au Québec en 2026 ?
Les loyers vont-ils baisser au Québec en 2026 ?
Quel revenu faut-il pour se loger sans dépasser 30 % de son budget ?
Pourquoi la construction de logements ne fait-elle pas baisser les loyers ?
Le ralentissement des hausses règle-t-il la crise du logement ?
Sources
- Rapport de la SCHL : la pénurie de logements se résorbe, mais la crise s'aggrave dangereusement — FRAPRU
- Rapport sur le marché locatif — grands centres — SCHL
- Les hausses de loyer seront moins violentes au Québec en 2026 — Narcity Québec (d'après les Perspectives du marché de l'habitation, SCHL)








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